En français – Mouvement intentionnel de la caméra
Généalogie d’un déchet visuel
L’ICM n’est pas une image : c’est un crime avec préméditation.
Une production résiduelle du regard, un effluent esthétique sécrété quand la vision n’a plus la force de tenir debout.
Ce n’est pas un geste : c’est un dépôt.
Une matière fécale, expulsée par un œil crevé.
Le photographe ICM ne fabrique plus des photos : il laisse des traces.
Des traînées, des coulures, des résidus lumineux qui ressemblent moins à des images qu’à des traces de pneus au fond d’un slip kangourou.
L’ICM, c’est la digestion ratée du réel.
On secoue l’appareil comme on secoue un shaker, espérant qu’il en sorte quelque chose, n’importe quoi, pour éviter d’affronter le vide.
Le flou devient alors une sécrétion conceptuelle, un rejet maquillé en intention.
Une manière élégante de dire : « Je n’ai rien vu, mais j’ai produit une bouse. »
Le discours qui accompagne ces déjections visuelles est toujours plus propre que les images elles‑mêmes.
On parle d’« énergie », de « geste », de « vibration intérieure », comme si ces dépôts lumineux étaient le fruit d’un geste noble.
Mais ce sont des restes.
L’ICM, c’est l’art de transformer l’incapacité en sécrétion, la fuite en trace, l’absence en dépôt.
Une esthétique du déchet, où l’image n’est plus un acte mais un résidu.
Un art qui n’excelle pas : il excrète.

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